Caution de location saisonnière : ce que dit vraiment la loi

En bref
  • Aucun plafond légal n’encadre le montant de la caution d’une location saisonnière en France : c’est le contrat qui le fixe.
  • La location saisonnière est exclue de la loi du 6 juillet 1989 : elle relève du Code du tourisme et du Code civil.
  • Aucun délai légal de restitution non plus : relisez le contrat, et conservez état des lieux et photos datées.

Aucun plafond légal n’encadre le montant de la caution d’une location saisonnière en France. Contrairement au bail d’habitation classique, où la loi du 6 juillet 1989 limite le dépôt à un mois de loyer, la location saisonnière relève d’un régime différent, le Code du tourisme et le Code civil, qui laisse ce montant à la libre négociation entre le loueur et le locataire.

Cette liberté contractuelle surprend souvent les locataires, qui cherchent un plafond légal là où il n’y en a pas. Ce guide explique ce que prévoit réellement la loi pour une location saisonnière, à quel moment la caution doit être versée puis rendue, et les recours possibles si elle ne l’est pas.

1. Le cadre juridique de la location saisonnière

La location saisonnière, aussi appelée location de meublé de tourisme, est régie par les articles L324-1 à L324-2-1 du Code du tourisme, complétés par les articles 1714 à 1751-1 du Code civil relatifs au louage de choses. Elle est explicitement exclue du champ de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, qui encadre les baux d’habitation classiques et plafonne leur dépôt de garantie à un mois de loyer.

Cette exclusion a une conséquence directe : ni le montant de la caution, ni son délai de restitution ne sont fixés par un texte de loi spécifique à la location saisonnière. C’est le contrat signé entre les parties, et lui seul, qui détermine ces règles.

2. Ce que le contrat doit préciser, faute de plafond légal

En l’absence de plafond légal, le montant de la caution demandée varie fortement selon le type de bien, sa valeur, et les pratiques du loueur ou de la plateforme utilisée. Le contrat de location saisonnière, ou les conditions générales de la plateforme, doivent préciser le montant exact, les conditions de sa restitution, et les motifs pouvant justifier une retenue.

0 Plafond légal applicableAucun texte du Code du tourisme ni du Code civil ne fixe de montant maximal pour la caution d’une location saisonnière, à la différence du bail d’habitation classique.

Avant de signer, la vérification la plus utile reste donc de relire ce que dit précisément le contrat sur ces deux points, montant et délai de restitution, plutôt que de supposer qu’une règle légale généraliste protège automatiquement le locataire.

3. Que faire si la caution n’est pas rendue

Faute de délai légal spécifique, c’est le délai prévu au contrat qui s’applique. S’il n’est pas respecté, une mise en demeure écrite au loueur, décrivant les faits et fixant un délai raisonnable de réponse, reste la première étape. À défaut de réponse ou d’accord, le litige relève du droit commun des contrats, régi par les articles 1714 à 1751-1 du Code civil, et peut être porté devant le tribunal judiciaire si la somme en jeu le justifie.

Comme pour toute location, conserver un état des lieux d’entrée et de sortie, avec photos datées, reste la meilleure protection en cas de désaccord sur une retenue. Un montant retenu sans document justificatif précis peut être contesté.

Si le désaccord persiste après la mise en demeure, la règle de procédure civile applicable à tout litige, quel que soit son objet, s’impose aussi ici : pour une somme de 5 000 euros ou moins, l’article 750-1 du Code de procédure civile impose une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative avant toute saisine du tribunal judiciaire. Une action introduite sans cette tentative préalable peut être déclarée irrecevable.

4. Une caution que personne ne détient seul

L’absence de plafond légal et de délai de restitution imposé laisse une marge d’incertitude que SafeYield propose de combler pour les locations saisonnières : la caution est confiée à un tiers indépendant, visible des deux parties en temps réel, avec une libération qui demande leur accord commun plutôt qu’une décision unilatérale du loueur. D’autres cas de ce type, classés par situation, sont rassemblés dans notre rubrique dédiée à la location saisonnière et à l’événementiel.

Questions fréquentes

Existe-t-il un montant maximal pour la caution d’une location saisonnière ?

Non. Aucun texte du Code du tourisme ni du Code civil ne plafonne ce montant, contrairement au bail d’habitation classique. C’est le contrat qui fixe le montant demandé.

Sous combien de temps la caution doit-elle être rendue ?

Aucun délai légal spécifique n’est fixé pour la location saisonnière. C’est le délai précisé au contrat ou aux conditions générales de la plateforme qui s’applique.

La loi du 6 juillet 1989 s’applique-t-elle aux locations saisonnières ?

Non. Cette loi encadre les baux d’habitation classiques. La location saisonnière relève des articles L324-1 à L324-2-1 du Code du tourisme et des articles 1714 à 1751-1 du Code civil.

Une caution que personne ne détient seul

SafeYield confie la caution à un tiers indépendant, visible des deux parties, avec une libération qui demande l’accord des deux.

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Sources
  1. Code du tourisme, articles L324-1 à L324-2-1, régime des meublés de tourisme et locations saisonnières. legifrance.gouv.fr
  2. Code civil, articles 1714 à 1751-1, régime du louage de choses. legifrance.gouv.fr
  3. Service-public.gouv.fr, fiche F2045, location saisonnière : absence de plafond légal pour le dépôt de garantie. service-public.fr
  4. Code de procédure civile, article 750-1, issu du décret n° 2023-357 du 11 mai 2023. legifrance.gouv.fr

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