- La loi du 6 juillet 1989 (article 22) dit explicitement que le dépôt de garantie ne porte pas intérêt au bénéfice du locataire.
- Le dépôt est plafonné à un mois de loyer hors charges pour un bail non meublé, et doit être restitué dans un délai de deux mois, ramené à un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée.
- Passé ce délai, le loueur doit une pénalité de 10 % du loyer mensuel par mois de retard entamé.
De nombreux locataires pensent que leur dépôt de garantie devrait leur rapporter quelque chose pendant qu’il dort chez le loueur, ne serait-ce qu’un peu. En France, la loi dit l’inverse, et elle le dit sans ambiguïté depuis plus de trente ans. Cet article explique ce que prévoit exactement l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989, ce qui se passe si le délai de restitution n’est pas respecté, et ce que d’autres pays européens font différemment.
1. Ce que dit la loi
L’article 22 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 est explicite : le dépôt de garantie ne porte pas intérêt au bénéfice du locataire. Le loueur peut donc faire de cette somme ce qu’il veut pendant toute la durée du bail, sans devoir en reverser le rendement au locataire.
Le montant est plafonné à un mois de loyer hors charges pour un bail non meublé. Rien n’oblige non plus le loueur à séparer cette somme de son propre argent : aucune obligation de ségrégation n’est prévue par ce texte.
Cette règle n’a rien d’universel en Europe. En Belgique, les trois régions imposent au contraire que le dépôt soit placé sur un compte individualisé, avec des intérêts capitalisés au profit du locataire. En Italie, la loi va plus loin encore : le loueur doit verser des intérêts légaux chaque année, une obligation à laquelle aucune clause contractuelle ne peut déroger. La France a donc fait un choix inverse, assumé depuis 1989, pas un oubli du législateur.
2. Le délai de restitution
Le délai légal de restitution est de deux mois à compter de la remise des clés. Il est ramené à un mois si l’état des lieux de sortie ne révèle aucune différence avec l’état des lieux d’entrée.
3. Ce que ça change concrètement
Pour le locataire, cette règle veut dire une chose simple : le rendement de la somme immobilisée revient au loueur, pas à lui, tant que la loi n’en dispose pas autrement. Ce n’est pas une anomalie ni un abus, c’est ce que dit le texte depuis 1989.
Pour le loueur, particulier ou professionnel, cela signifie aussi qu’il n’a aucune obligation légale de justifier ce que devient cette somme entre le versement et la restitution. C’est précisément l’écart que comble un tiers indépendant, en donnant aux deux parties une vision en temps réel de l’endroit où se trouve le dépôt versé.
Dans les faits, cette absence d’obligation reste rarement contestée, parce que la somme en jeu est presque toujours petite au regard du coût de la faire valoir. Personne n’engage une procédure pour récupérer un rendement sur un mois de loyer. C’est justement ce qui rend la règle invisible en pratique, plus que réellement acceptée : elle n’est jamais mise à l’épreuve, faute d’enjeu suffisant pour un locataire pris isolément. Ce sujet concerne au premier chef les cautions échangées entre particuliers, où personne n’a en pratique les moyens de vérifier ce que devient le dépôt.
4. Un tiers de confiance change la donne
Rien n’empêche aujourd’hui un loueur et un locataire de changer cet arrangement, à condition de passer par un tiers qui détient réellement la somme, hors du bilan du loueur, avec une trace vérifiable de ce qu’elle devient. C’est le principe sur lequel repose SafeYield pour les cautions échangées entre particuliers : le dépôt est confié à un tiers indépendant, suivi en temps réel, et le rendement généré est partagé entre les parties plutôt que d’être absorbé sans que personne ne le sache.
La différence ne tient pas à un nouveau texte de loi, elle tient à la visibilité. Un dépôt qui reste chez le loueur produit ou non un rendement sans que personne, ni le locataire ni le loueur lui même parfois, ne le sache avec certitude. Un dépôt tenu par un tiers indépendant, avec un suivi consultable à tout moment, rend cette question vérifiable au lieu de rester une hypothèse.
Questions fréquentes
Pourquoi le dépôt de garantie ne rapporte-t-il rien au locataire ?
Parce que la loi le dit explicitement. L’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 précise que le dépôt de garantie ne porte pas intérêt au bénéfice du locataire, sans condition ni exception.
Que se passe-t-il si le loueur restitue le dépôt en retard ?
Il doit une pénalité de 10 % du loyer mensuel par mois de retard entamé, une fois le délai légal dépassé, soit deux mois, ou un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée.
Cette règle s’applique-t-elle aussi aux baux commerciaux ?
Non. L’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 concerne les baux d’habitation. Les baux commerciaux relèvent d’un régime juridique différent, qui n’est pas traité dans cet article.
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- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 22, texte en vigueur. legifrance.gouv.fr
- Conseil constitutionnel, décision n° 2018-766 QPC, sur l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989. conseil-constitutionnel.fr